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La Respiration : Source Majeure Des Odeurs En Situation De Chasse Ou D'Observation De La Faune

L'empreinte Olfactive Du Chasseur : Pourquoi La Respiration Est Votre Plus Grande Menace

En situation de chasse, comprendre et maîtriser l'odeur corporelle a toujours été une priorité absolue 1. Cet article explique pourquoi la respiration peut représenter plus de 80 % de votre empreinte olfactive et comment elle est influencée par divers facteurs . Il est essentiel de noter que cette analyse se concentre sur les odeurs émises dynamiquement par le corps et ne prend pas en compte la contamination externe provenant des vêtements et de l'équipement. Une fois correctement décontaminés, ces derniers ne libèrent plus d'odeurs de manière significative.

La Respiration : Une Source D'Odeurs Bien Plus Importante Que La Peau

La plupart des chasseurs pensent que la sueur et la peau sont les principales sources d'odeurs alors que les études scientifiques démontrent clairement que la respiration est la source dominante. Dans certaines conditions, l'air expiré représente jusqu'à 80 % ou plus des composés organiques volatils (COV) qui trahissent la présence d'un chasseur puisque ces odeurs sont libérées et projetées dans l’environnement.

Le Lien Entre Le Sang Et La Respiration

Pour comprendre ce phénomène, il faut d'abord savoir que l'air que nous expirons n'est pas seulement de l'oxygène usé. Il est en contact direct avec notre sang dans les poumons. Le sang, qui circule constamment dans le corps, transporte les déchets et les composés produits par notre métabolisme2. À chaque battement de cœur, ces molécules volatiles passent des capillaires sanguins à l'air de nos alvéoles pulmonaires, puis sont naturellement expulsées à chaque expiration. Ce processus est constant et inévitable, transformant chaque souffle en une "empreinte chimique" unique.

Nombre De Composés Organiques Identifiés

Des études récentes ont identifié un total de 1849 différents composés organiques volatils provenant du corps humain. La respiration est de loin la source la plus riche, contenant la plus grande variété de ces composés.


Le graphique ci-dessous illustre la distribution du nombre de ces composés par source corporelle 3,4.

Quantité De COV Libérés Au Repos

Pour un chasseur, les principales sources d'odeurs sont la respiration et la peau. Une personne adulte en bonne santé et au repos libère un total de 2440 µg/h de COV provenant de ces deux sources. Comme le montre le graphique suivant, la contribution de la respiration est déjà majoritaire. Ce n'est qu'une partie de l'histoire. L'habillement, le vent, l'effort physique et l’alimentation changent radicalement ces proportions.

L'effet De Barrière De L'Habillement

En situation de chasse, nous portons plusieurs couches de vêtements. Les COV émis par la peau sont absorbés et retenus par ces textiles, qui agissent comme de véritables éponges. C'est d'ailleurs pour cette raison que nos vêtements sentent après avoir été portés et doivent être lavés : ils ont accumulé les odeurs du corps. Des études en chromatographie-spectrométrie de masse montrent que les textiles peuvent retenir jusqu'à 80 % des COV 5,6 . Cependant, ces recherches se sont concentrées sur une seule couche de vêtement portée à même la peau, un facteur qui n'est pas pris en compte pour les tenues de chasse, qui impliquent souvent le port de plusieurs couches afin d'optimiser l'isolation et de piéger les odeurs de manière plus efficace. Ainsi, l'habillement limite considérablement la libération de ces odeurs dans l'environnement. C'est pour cette raison que, même habillé légèrement, la respiration reste la source majoritaire de notre signature olfactive.

  • Respiration : 1 290 µg/h, soit environ 85 % des COV libérés .
  • Peau (libération résiduelle) : 230 µg/h, soit environ 15 % des COV libérés (après 80 % de rétention par les vêtements).

Le Vent : Un Vecteur Qui Amplifie Votre Signature Olfactive

Contrairement aux odeurs de la peau, qui sont en grande partie retenues par les vêtements, votre respiration agit comme un projecteur d'odeurs constant. Chaque souffle est un jet d'air chaud, riche en centaines de molécules volatiles, directement expulsé dans l'environnement. 7 . C'est là que le vent entre en jeu. Au lieu de se dissiper, ce panache d'air est immédiatement capté et transporté sur de longues distances. Imaginez un nuage de fumée projeté par une locomotive : ce nuage ne s'efface pas, il est activement déplacé et s'étend en une longue traînée 3 . C'est exactement ce qui arrive à votre respiration, créant une véritable "piste olfactive" que le gibier peut détecter bien avant de vous voir. Dans un scénario avec même une légère brise, c'est la respiration qui devient la source d'odeur la plus redoutable. Le vent projette ces odeurs puissantes si loin et si efficacement que la contribution de la peau à votre signature olfactive devient largement éclipsée. Voilà pourquoi la gestion de votre respiration est la priorité absolue, bien plus que celle de votre peau.

En résumé, si vos vêtements sont une barrière efficace pour votre odeur corporelle, c'est le vent qui transforme votre respiration en votre plus grande menace.

Autres Facteurs Influençant La Signature Olfactive De La Respiration

Le profil des COV exhalés varie grandement d'une personne à l'autre et est affecté par de nombreux facteurs internes et externes.


Métabolisme et activité physique

  • Métabolisme de base : Une personne active ou un athlète aura un métabolisme basal plus élevé, ce qui augmente la production de COV, comme l'acétone, un marqueur de la combustion des graisses. Inversement, une personne sédentaire en produira naturellement moins8,9 .
  • Exercice prolongé : La marche ou une activité physique intense (comme la chasse) force le corps à puiser dans ses réserves de graisses, augmentant la production d'acétone. Des études montrent une hausse de l'acétone expiré allant jusqu'à 25 % chez les personnes en exercice 8,10,11,12 . Un chasseur essoufflé après une longue marche sera donc plus odorant qu'au repos.


Santé et alimentation

  • Santé générale : Les maladies métaboliques comme le diabète 13 peuvent modifier profondément le profil des COV. Un diabète mal contrôlé peut entraîner une augmentation de la concentration d’acétone de quelques ppm à plusieurs dizaines de ppm 14 .
  • Alimentation : Le jeûne, même intermittent, peut augmenter l’acétone expirée d’environ 35 % 11 . De plus, le microbiote intestinal fermente les nutriments en acides gras volatils qui peuvent être expirés 15 .


Variations individuelles et autres facteurs

  • L'âge, le sexe, la génétique, le tabagisme, la prise de médicaments et l'hydratation sont également des facteurs qui modifient les COV expirés 16,17 . Ces variations expliquent pourquoi chaque individu possède une signature olfactive unique et pourquoi deux chasseurs peuvent dégager des odeurs très différentes dans des conditions similaires.

Détection Olfactive Animale

L'importance de ces COV est décuplée quand on sait que les cervidés et les chiens ont un sens de l'odorat extraordinairement puissant. Un chien peut détecter des odeurs à des concentrations 100 000 fois inférieures à celles des humains. Ils sont même capables de sentir et détecter des troubles métaboliques, des cancers1,18 .

En conclusion, si la maîtrise des odeurs de la peau est essentielle, il est tout aussi crucial de comprendre que la respiration est une source d'odeurs continue et puissante, influencée par de nombreux facteurs19 .

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References

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  2. Chou, H., Godbeer, L., Allsworth, M., Boyle, B., & Ball, M. L. (2024). Progress and challenges of developing volatile metabolites from exhaled breath as a biomarker platform. Metabolomics, 20(1), Article 72. https://doi.org/10.1007/s11306-024-02142-x
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  6. Chou, H., Godbeer, L., Allsworth, M., Boyle, B., & Ball, M. L. (2024). Progress and challenges of developing volatile metabolites from exhaled breath as a biomarker platform. Metabolomics20(1), Article 72. https://doi.org/10.1007/s11306-024-02142-xhttps://doi.org/10.1177/0040517520914411
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